dimanche 27 décembre 2009

L'éducation d'un Athénien du Vème siècle.



L'éducation a varié en Grèce selon les époques, les cités et notamment les classes de la société. En Crète et à Sparte, l'enfant appartient à l'état. Son éducation est tournée vers cette fin communautaire. A Athènes durant la période hellénistique, les parents étaient libres d'éduquer leurs enfants, le but étant d'en faire « des hommes complets ».

Dans l'Athènes du Vème siècle l'éducation peut donc être exercée par les parents jusqu'à ce que « l'enfant » atteigne ses 18 ans. Jusqu'à l'age de 7 ans il reste dans la Gynécée, γυναικηΐη, zone réservée aux femmes dans la maison. Il est donc sous la responsabilité de sa mère qui débute son enseignement.

A partir de cet age l'enfant peut participer à l'école sous le direction d'un Maître. Les cours se donnaient parfois en pleine air, mais il existait aussi des lieux couverts, voir plus simplement la maison du Maître. Des édifices pouvaient être mis à disposition par le dème, δῆμος, (circonscription administrative instaurée lors de la « révolution isonomique » de Clisthène). Le but de cette éducation était de faire de l'enfant un Kalos kagathos, καλὸς κἀγαθός, un homme aboutit sur tous les points, tant physiques que moraux. Un idéale Athénien de ce que doit être un Citoyen. L'état n'intervenait pas dans le contenu de l'éducation si ce n'est sur trois impératifs fondamentaux : l'enfant devait apprendre à nager (primordial pour un peuple de marin), savoir évidement lire (un Citoyen d'Athènes se devant de participer à la vie politique de sa Cité, connaître les lois...) et faire du sport. Chez le Grammatiste il étudiait donc l'écriture, la lecture et apprenait à compter. Vers 10 ans il étudiait les poètes et recevait des rudiments mathématiques (géométrie, algèbre). Son éducation comprenait également un pend artistique. Auprès du Cithariste, il étudiait la lyre, la flûte, le chant et sans doute à danser. Enfin au Gymnase il pratiquait les activités physiques. C'est plus précisément dans les Palestres (bâtiments annexes des Gymnases quand ils n'en sont pas totalement indépendants) que le sport était « enseigné ». Sous l'autorité d'un Pédotribe, qui était à même d'expliquer les gestes adéquats pour s'exercer sans se blesser. Certains Pédotribe d'Athènes faisaient autorité dans toute la Grèce. Les Palestres d'Athènes étaient reconnues pour la qualité de leur enseignement et certaine portaient des noms (dont on ignore s'ils venaient du Pédotribe ou du commanditaire de la Palestre). On peut citer par exemple les Palestres Hippocrate, Sibyrtios ou Taureas.

Cet enseignement durait jusqu'à l'âge de 16 ans. Mais beaucoup d'enfants de familles pauvres le quittaient prématurément pour apprendre un métier. Les plus aisés poursuivaient jusqu'à l'âge de l'Ephébie, ἔφηϐος, le service militaire qui durait deux ans de 18 à 20 ans. Durant cette période, de 16 à 18 ans, les jeunes gens étudient auprès de maîtres sur des sujets plus spécifiques : Philosophie, Mathématique, Astronomie, Rhétorique auprès des maîtres Sophistes... Comment ne pas nommer les deux écoles de la pensée Athénienne : l'Académie de Platon et le Lycée d'Aristote où toutes les sciences étaient enseignées (Zoologie, Botanique...). Ces écoles restaient ouvertes aux citoyens qui avaient sacrifié aux obligations de l'Ephébie. Certains y passaient toute leur vie à parfaire leur éducation avant d'être eux mêmes nommés Maître.